l’amiral de coligny
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Nantes, le manifeste sans cesse repris des protestantset le prétexte de leurs rébellions obstinées, mais ceque je crois savoir, c’est qu’on n’est pas au-dessus detous les partis parce, qu’on se met entre tous lespartis.
« Le catholicisme, — et non l’Église catholique, —a déterminé la Saint-Barthélemy. C’est un fait indé-niable ; mais il faut comprendre ce fait et les circons-tances dans lesquelles il se produisit. Elles étaient tellesque ni Charles IX le fantôme, ni Catherine de Médicisla magicienne, n’auraient pu les surmonter et les gou-verner. Le protestantisme, c’est-à-dire l’étranger,gagnait chaque jour un terrain énorme. Le Havren’était plus à nous! Les catholiques menacés, quin’avaient pas l’Inquisition pour les sauver, comme elleavait sauvé l’Espagne, regardaient l’Allemagne, lesPays-Bas, l’Angleterre, devenus protestants, et secroyaient perdus. Ils se soulevèrent, et ce ne fut passeulement un peuple, mais ce fut la tradition môme dupays, ce fut l’histoire de France tout entière qui sesouleva avec eux. Cela dut être quelque chose d’impla-cable, car on ne touche pas pour la première fois aupassé, sans que ce vieux lion, qui a ses ongles enfoncésdans le sol, ne rugisse et ne se défende. Véritable Josa-phat de cercueils, onze siècles de monarchie catholiquese levèrent de leurs sépulcres et dirent à la Réformeles mots de Dieu aux Ilots de la mer : « Tu n’iras pasplus loin! » Hélas! elle a été plus loin, et les siècles sesont recouchés trop tôt dans leur tombe... Mais enfin,à cette heure où la religion était la première idée deshommes, elle accomplit, l’épée dans la gorge, cet acte dedésespoir que le patriotisme accomplit depuis, en 1808,en Espagne, aux applaudissements de tout l’univers.