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L AMIRAL DU COLIGNY
tenir ung tel propos à M. le prince do Condé, bien que ledit ambassadeur a dit quelquefois que vous n’aviez pointde traité avec nous, mais bien avec le subjeetz de Nor-mandie, ainsi que luy mesme pourra dire et s’en ressou-venir estant à présent de retour auprès de vostre majesté,et adjousta davantage qu’il n’avoit point charge et instruc-tion pour négocier avec nous; sur quoy je lui fis entendreque je m’asseurois que l’intention de votre majesté estaitque, pour que l’évangile fust presché en ce royaulme etqu’il y eust liberté, de conscience, ensemble que vostredroit vous fust bien gardé et demeurast en son entier, quevous seriez bien ayso de veoir ces troubles pacifiés ung bonaccord, comme il appert assez par vostre protestation; voussuppliant très humblement croire, Madame, que nous esti-mons vostre vertu et grandeur et toutes vos actions silouables et mémorables que nous ne ferions une si grandefaulte que d’oublier la bonté dont vous nous avez usé en ladefense de ceste cause de Dieu et pour la liberté du roy etde ce royaulme; comme j’ay prié M. le vidame et le sieurde Briquemault et de la Haye vous faire entendre ensemblece qu’il semble necessaire que vostre majesté fasse, s’il luiplaist, pour le recouvrement de la liberté du prince deCondé; lesquelz je vous prie très-humblement croire cequ’ilz vous diront de ma part comme moy mesme qui, surce, supplioray le bon Dieu conserver vostre majesté entrès parfaicte santé et prospérité et bénir vos actions.
D'Orléans, ce vingt-quatriosme janvier.
Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Ghastillon (1).
(1) Record office, State papers, France, vol. XXIX. (Origiualsigné.)