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Tome premier.
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aspect sauvage et grandiose. Quelle était, dansles harmonies de la nature, la mission de cesbassins superposés que traversait, en s’y épu-rant, l’eau froide et lourde des glaciers? Derecevoir l’eau sauvage, comme disent les mon-tagnards, et d’en faire de l’eau vivante. Cettedisposition primitive des lacs, étagés en déver-soirs successifs, se retrouve au complet dansl’Engadine et le pays de Lucerne ', dans lesmers intérieures du Canada , dans les eauxétagées des hauts plateaux de l’Asie centrale.

Après la période glaciaire, le climat de laSavoie était celui de ïHélix horlensis, presquele même qu’aujourd’hui ; le rhinocéros, lecheval, le cerf, l’ours, l’aurochs peuplaientces vastes pâturages et ces immenses forêtsoù la flore actuelle s’entremêlait à quantitéd’espèces disparues. Les alluvions renfermentaussi nombre de fossiles dont les uns sontidentiques à des espèces encore vivantes, dontles autres sont perdus. A l’époque de for-mation des épaisses couches de sables de lavallée du Rhône, le dinothérium et le masto-donte vivaient dans les Bauges sous les cyprèset les fougères arborescentes. Puis, une végé-tation épaisse couvre les pentes rendues plusabruptes par le creusement des vallées ; lebassin des lacs foisonne de plantes aquatiques ;un climat humide et froid succède dans cesgorges profondes à la température naturelle àdes rivages jadis plus découverts et moinsaccidentés; la vie renaît exubérante sur lesalluvions récentes ; les grandes commotionscessent ; l’homme apparaît.

1 Tschüdi. Les Alpes, cité par Michelet. (La Montagne.)

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