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d’ailleurs avoir la prétention d’expliquer au-jourd’hui avec une entière certitude les nomset les choses de ce temps. Dès le XI e siècle,le moine Paul, chargé de copier les vieuxtitres d’un monastère de Chartres, avouaitingénument que la plupart des terriers etcontrats étaient devenus incompréhensibles,les colons et les serfs ne parlant déjà plus lemême langage et n’attachant plus aux motsla même acception : Neque haberit vocabulci-rer um quæ tuncsermo habebat vulgaris.
L’organisation rudimentaire des tribus ger-maniques continuait à se modifier au contact •de la civilisation romaine; les rivalités deschefs, l’habileté avec laquelle les Gallo-Romainssurent se rendre nécessaires, introduisirentdes nouveautés dans le régime politique desFranks. L’influence énervante de victoiresprolongées dompta leur vitalité de peuple sanstrop adoucir parmi eux la rudesse de l’in-dividu ; dès qu’au lieu de chefs militaires ilseurent des rois, il y eut des favoris et desparvenus. Aussi, en 752, le pape Zacharie pro-clame que celui-là doit être roi qui exerce lepouvoir royal, et l’assemblée de Soissonsremplace le dernier des Mérovingiens parPépin, fils de Karl. Les deux expéditions dePépin en Italie ressuscitent le vieil empireromain sur les bords du Rhin et relèvent,à Rome, au profit de l’Eglise, le trône tant defois renversé des Césars et des Byzantins (755et 756). De 768 à 800, Karl, fils de Pépin,évangélise les Saxons elles massacre, restaurele pape et l’asservit ; pendant quatorze ans,il se fait l’illusion de 1’unité et de l’avenir deson œuvre ; les invasions des Northmans sur