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acquisition ou concession pendant près de•vingt-quatre années de commandement dansla province. Les chartes portent comte en Mau-rienne, comte en Savoie , de même que lësAllemands disent encore aujourd’hui : dite enBavière, ou les Italiens : un tel des princes deMonteieone. Bérold ne résida point en Savoied’une manière permanente ; il n’y vint quepour diriger des expéditions militaires, orga-niser la défense du territoire ; il bâtit à l’oréedu val de Maurienne les toürs de Charbon-nières et d’Hermillon, destinées à fermer laroute et à tenir en respect l’évêque de Saint-Jean, dont le fief, depuis au moins 1015, étaitdégagé de toute suzeraineté bourguignonne.
L’Europe chrétienne présentait un spectacleétrange. Les terreurs de l’an Mil, une croyanceuniverselle à la fin du monde, semblaientéteindre à l’avance la vie morale et l’activitématérielle. On amasse pour le ciel en achetantdes prières, en donnant aux prêtres les terres,les maisons qui vont s’abimer dans le néant,en leur attribuant les redevances, les droitsféodaux dont on ne jouira plus demain. Avecles premières années du XI e siècle, la vie re-naît ; le péril a disparu, tout respire, et l’E-glise, qui s’est enrichie au X e siècle par laterreur des puissants 1 , épuise ses trésors
proconsulat barbare superposé dans chaque ville importanteaux anciennes institutions municipales pour rendre la justiceét diriger l’action militaire. (Aug. Thierry. Récits des tempsmérovingiens. II, 110.) Au XI e siècle ces attributions se com-pliquaient d’nne sorte de régie des biens particuliers du prince.
1 Celui qùî érige ou ré are un monastère se fabrique uneéchelle pour monter au ciel, disaient les moines. — Voir lesMotifs des chartes de donation dans les Moines d'Occident.{Introduction, 144.)