CHAPITRE V
LES ORIGINES POLITIQUES.
1109 A 1253 .
Le XII e siècle, remarquable par l’élan descroisades, l’est plus encore par l’intensité de lavie intellectuelle ; on dirait qu’au départ de cesrudes barons gothiques tout respire à l’aise.Les trouvères chantent pour abréger l’ennuidu voyage et le loisir des camps, la langueromane se développe et s’assouplit commepour servir d’interprète aux soldats de touspays ; en Europe, on écrit des livres, on ouvredes écoles, on dispute en public les plus ardusproblèmes de la philosophie religieuse. Leclergé profite du besoin d’argent des seigneurs,de l’absence des princes , pour agrandir lecercle de son influence et compléter le réseaude ses établissements au sein des populationsrurales. Pendant la même période, les princesde Savoie utilisent les mêmes circonstances,suivent la même politique ; ils vont peu à lacroisade, ou s’en retirent à propos. Le jeuneAmédée, à peine en possession de ses fiefs,suit à Rome son cousin Henri V, Tous deuxrevendiquent des héritages : Henri celui de la