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l’abbaye d’Aulps, ou se cachait durant des moissons la robe blanche des Chartreux. Clermontde llauterive 1 ne sut pas donner à son élèvecette faculté de vouloir, qui est, en politiquecomme ailleurs, la vertu nécessaire. Ennemidu mariage, Humbert se laissa marier quatreJ'ois : d’abord parce qu’il était prince, et quel’Etat tremble sur ses bases s’il n’est pas assuréd’avance du maître qu’on lui destine; deux foisencore pour écarter la guerre par une alliance,les soucis du mariage lui paraissant moinslourds que l’imprévu des batailles 2 ; une der-nière fois, enfin, à la sollicitation de ses peu-ples, désolés qu’il n’eût pas de fils 3 . A chaqueveuvage, gémissant et désespéré, il se ré-fugiait au monastère, puis s’en laissait arra-cher sous prétexte de devoir; il ne trouvajamais d’objection contre la raison d’Etat, laplus absolue, la plus aveugle, la plus impi-toyable des raisons, comme aussi la mieuxécoutée. Je ne changerai rien aux expressionsénergiques el naïves des chroniques :
1 Abbé de Hautecombe, devint plus tard chancelier de l’em-pereur. Ce Dauphinois, fort habile, fut accusé de n’avoir si malélevé le comte de Maurienne que pour demeurer son ministre.
s Fayfide était fille du comte de Toulouse ; il n’en eut pasd’enfants. Après Germaine de Zcerhingen, veuve du duc deBavière , Henri-le-Lion, dont il eut une fille, Agnès, mortefiancée à Jean, fils du roi d’Angleterre, Henri II, Humbertépousa Beatrix, fille du comte de Viennois. 11 en eut aussiune fille, Eléonore de Savoie, qu’il maria successivement àdeux Italiens, à Guy de Vintimiglia et au marquis de Mont-ferrat, ce dernier régent de Savoie pendant la minorité ducomte Thomas.
3 Humbert allait se faire moine à l’abbaye d’Aulps, quandon le décida (vers 1172) à épouser Gertrude de Flandre, dela future maison d’Autriche, veuve de Hugues d’Oisy. Il eneut le prince Thomas.