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moins la ruse, une Catherine II moins lesvices. Pierre de Savoie avait passé plusieursannées en Angleterre auprès d’Henri III ;devenu comte de Richemont et seigneurd’Essex, grâce à l’affection de sa nièce la reineEléonore, il y attira ses parents 1 , ses amis, etfit bâtir à Londres VHostel de Savoye, rendez-vous des gentilhommes et des lettrés. Cesrelations, ces hauts patronages, établirententre l’Angleterre et la Savoie des liens étroitsdont le souvenir, quatre siècles et demi plustard, fut une des ressources de Victor-Amédéepour s’assurer le crédit et l’affection de la reineAnne. Rappelé dans les Alpes par son mariageet de nouveaux intérêts, Pierre y amènequelques gentilhommes anglais qui firent sou-che et dont les noms doivent être cités, lesPoi'ter (Portier), les Bûtler (Bouttelier), lesMarschall (Mareschal), les Fieschër (la Flé-chère), etc. En 1244, il s’agrandit aux dépensde l’évêque de Sion 2 ; en 1253, Agnès héritele Faucigny ; en 1255, maître des péages surles routes qui descendaient du Jura et desAlpes vers Lausanne et Genève, Pierre possé-dait une petite principauté que jalousaient lesbarons de la Bourgogne et de l’Helvétie. En1260, l’église de Lausanne, imitant l’exempledes villes de Paverne, Morat, Berne, quiavaient sollicité le protectorat du comte, luicéda, sous la dénomination de vicariat, la
1 En particulier ses irères, Guillaume, évêque de Valencepuis de Liège, qui y devint premier ministre, et Boniface,archevêque de Cantorbéry.
- En 1250 , lorsque l’abbé de Saint-Maurice lui donnaVanneau, il l’appela : cornes vicloriosus terrarum Chablasiiet Valesii. (Preuves de Guichenon. 73.)