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Tome premier.
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1297-1308

Le comte de Savoie ne parvient à rompre cecercle d’ennernis qu’en se suscitant des par-tisans au sein des seigneuries rivales, et enessayant à Sallanches, à Gex, à Lausanne, cequ’il' a fait, à Genève. Il offre partout sa sau-vegarde à quiconque lui prêtera serment detidélité et se fera son homme; il se déclare leprotecteur particulier des bourgeoisies, desroutes et des marchés. Cette ingérence occultedans chaque juridiction, qui permettait à unseigneur d’intervenir dans les villes ou do-maines de ses voisins sous prétexte d’y veilleraux droits de vassaux soustraits à leur su-zerain naturel, devint le plus dangereux abusde l’organisation féodale. Nul moyen d’é-chapper à ce péril que par l’association desseigneurs contre ceux d’entre eux, plus am-bitieux ou plus puissants, qui exagéraient àleur profit le droit de sauvegarde. En 1300,Amédée s’associe au prince d’Orange pourbalancer les alliances du dauphin dans le Bas-Dauphiné. En 1305, le mollard de Lullin, quevenait de bâtir le baron Hugues, investi duFaucigny depuis 1303, fut pris d’assaut, aprèsonze jours de siège, par le jeune Edouard deSavoie ; en 1307, le dauphin Humbert meurt,et tandis que son fils aîné .lean continue sapolitique dans la vallée de l’Isère , son filscadet Hugues renouvelle avec Guillaume »deGenève (1308) les alliances intimes de leursprédécesseurs contre le comte de Savoie :

« Nous Guillaumes Guens de Genève et nous Huguesdauphin, sires de Foucigney, façons savoir à touz, quenous avons promis et prometons li uns à l’autre enbone foi et par nos sairemenz sus sainz Evangèles faiz