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Tome premier.
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le nom de comte de Bresse, il fit les guerresde Flandre, rivalisant de hardiesse et de bon-heur avec les chevaliers de Robert d’Artois. Ilvint ensuite diriger cette guerre dauphinoisequi accidenta les deux tiers du règne d’Amé-dée. Chargé de l’administration, de la Savoiependant les voyages de son père en France,ses expéditions en Italie, sa croisade de Rho-des, il mérite le surnom de libéral par la bonnehumeur avec laquelle il concède des privilè-ges 1 , des franchises, des fiefs, se désiste de sesdroits de juridiction sur certaines seigneuries,de ses droits de patronage sur quelques villeshelvétiques, Berne, entre autres, par le lais-ser-aller avec lequel il sembla tolérer lesempiétements des barons. Son bonheur étaitde donner, dit Frézet ; il fut libéral jusqu’àl’excès, ajoute Guichenon ; mais, aussi perspi-cace que généreux, il prit cette devise mélan-colique : Pro munere vulnus, que lui-mêmetraduisait ainsi : A chaque largesse l’ingrat meblesse. Paradin en a laissé un portrait charmantdans sa vivacité, mais où l’on devine la rancunede l’homme d’église contre le fin politique.

« Edouard estoit grand et allaigre, fort adroit etdextre aux armes, desquelles il aimoit le déduit autantque pas un. Il estoit si libéral qu’il passoit les limitesde raison et tournait son gouvernement en prodigalitéssans mesure tellement que souventes fois s’en trouvoiten arrière ; car sa despense excédoit son revenu et nepouvoit faire estât de son bien pourquoy il estoit mangéen herbe avant qu’il fust deu. A raison de quoy se

1 Consulter, pour les nombreuses franchises accordées parle comte Edouard, les documents originaux publiés par laSociété savoisienne d’hist. et d’archéol. (Mémoires. IV. 186à 338.)