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Tome premier.
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1215-1389

hommes d’Aulps en 1311, comme feront aussiles habitants de Genève (Eidgenossen) en 1519 ',— et cherchent un refuge près du château deCharousse appartenant au comte de Genevois.Les autres chefs de famille les blâment de re-courir à un secours étranger, car l’ingérenced’un seigneur dans leurs démêlés avec leprieur peut devenir dangereuse ; ils leur con-seillent de revenir dans la vallée pour s’y con-centrer et réunir leurs efforts 2 . Ce langageétait assurément celui de la prudence et dé-notait de la part de l’orateur, le bûcheron JeanFernaz, une singulière pénétration. Le 21octobre, le comte de Genevois révoque lesaccords qu’il avait délibérés avec Pécloz stipu-lant au nom des hommes de Chamonix et deValorsine ; lq même jour, à Sallanches, Béatrixde Faucigny, Amé de Genevois et Richard ,prieur de Chamonix, signent un compromisfort obscur au sujet de leurs prétentions réci-proques sur les populations des vallées. C’estla coalition des trois seigneurs du pays contrece petit groupe indépendant. Au nom du droitféodal mis en question par ces paysans, Amérenonce au protectorat que lui avait acquis ladémarche de Pécloz ; cinq jours plus tard,Béatrix tranche le différend ; elle reconnaît que

1 Les associations par serment pour le maintien de droitscommuns ou de la paix publique ont pour origine la ghilde desGermains. Ces accords jurés étaient rigoureusements interditspar la féodalité, car ils étaient de leur essence le dissolvant dei’acte d’hommage; en 1178, l’empereur Frédéric décrète delourdes amendes contre les habitants de Valence qui se coali-seront par serment ; mêmes défenses à Lyon en 1208, à Genèveen 1212, k üloûliers en 1280.

’ Titres analysés par le Rég. gen., sous les n°‘ 1291 et 1328,