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1215-1389
lins et Jean de Bertrand l’apprirent à leursdépens. L’archevêque avait à se défendrecontre les conquêtes brutales des seigneurslaïcs ses voisins et contre les empiétements duChapitre et de la Cité; pour résister aux nobleslaïcs, il transigea avec les chanoines et lesbourgeois. L’an 1170, Pierre II accepte l'arbi-trage des prélats des Alpes, qui, réunis ensynode à la Grande-Chartreuse 1 , font entre luiet les chanoines de Tarentaise, transformés enréguliers de séculiers qu’ils étaient, le partagedes droits, honneurs, prérogatives, revenus,dîmes, bénéfices, fiefs, églises, domaines, énu-mérant avec soin les propriétés qui constituentdésormais la mense archiépiscopale réduite ®.Cet accord fut approuvé, en 1171, par le papeAlexandre III, lequel, en compensation dessacrifices faits pour la paix de l’Eglise, luiconfirma l’autorité sur Sion et Aoste, et le dé-gagea de toute juridiction autre que celle deRome. Pierre transigea aussi avec les seigneursde Bozel, de Briançon et de Maurienne, au sujetde droits contestés; témoin des événementsde Genève, en 1155 et 1162, et arbitre entrel’évêque Ardutius et le comte de Genevois, ilsentait que les plus lourds sacrifices étaientpréférables à l’ingérence de ses voisins. Ber-nard de Chignin, son successeur, prit des pré-cautions semblables dans ses conflits avecRodolphe de Bozel (1217), Aymeric de Brian-çon (1218) et Guillaume de Genevois (1220).
1 Les évêques de Sion, d’Aoste, de Belley, les abbés deTamié, d’Agaune, d’Abondance, présidés par le général desChartreux.
2 Besson. Mém, ecclés. Preuves n° 32.