Band 
Tome premier.
Seite
370
JPEG-Download
 

1370-1375

370 —

les républiques de Yerceil et de Gênes. Cesuccès, unique au milieu des variations inces-santes de la diplomatie, fit grand honneur àl’habileté savoyenne et ne laissa aux Visconlid’autre allié dans les Alpes que Frédéric,marquis de Saluces. Ce seigneur, surpris parla brusque signature de la paix en '1375, n’eutde ressources qu’en abdiquant dans les mainsdu roi de France. Il sollicite le seigneur deBouville, gouverneur du Dauphiné, de l’avouerpour vassal en raison des anciens hommagesdes marquis de Saluces aux dauphins de Vien-nois ; F offre acceptée, l’hommage rendu parprocureur, le marquis arbora les armes deFrance sur toutes les places de son marquisat,et cette démarche inattendue força le comte deSavoie à suspendre les hostilités. Amédée fitses plaintes au roi et, tandis qu’on négociait,l’empereur Charles IV, avec une finesse dontl’Autriche a donné plus d’une preuve, saisitl’occasion d’écarter un débat personnel avec laFrance et transporta au Comte-Verd, son fidèleallié, tous les droits qu’il avait lui-même àprétendre sur le marquisat, fief impérial,lui faisant défense d’avoir à en plaider avec lemarquis par-devant tout autre que V empereur'.Ce fut l’origine du long débat qui compliqua,pendant tout le XVI e siècle, les relations de laFrance et delà Savoie.

Amé le Verd, dont la seule présence valaitplus que deux mille lances, paraissait en me-sure d’exercer dans les Alpes occidentales

1 AR. TURIN. (Section des manuscrits. — Recherches deslitres qui ont acquis à la royale Maison de Saooie les Etalsqu elle possédait en 179.2.)