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Tome premier.
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1386-1389

ponsabilité politique bien lourde pour unchevalier qui ne rêvait que batailles. Désoléque le prince d’Acbaïe eût si vite ramenélarmée savoyenne au pied des Alpes, Amé-dée VII se consola des déceptions italiennespar l’espoir de la guerre anglaise. Charles VIréunissait au port de l’Ecluse une flotte et dessoldats (1386). Le Comte-Rouge estoit encoresde cette partie, raconte Froissart, et comme ilnepouvoit guerroyer, il se fit remarquer, dansles incommoditez de la saison et du campement,par sa belle humeur et ses largesses. Le projetavorte ; la campagne de Gueldre échoue ;Charles VI, qui venait d’épouser la très jeuneIsabeau de Bavière, revint à Paris se distrairede ses disgrâces au milieu de fêtes d’une ma-gnificence inouïe. Avide d’émotions, ce princeadoptait tour à tour avec entraînement lesidées les plus aventureuses. Il marie son frère,le duc d’Ürléans, à Valentine Visconti, pro-jette avec le comte de Savoie de renouveleren Italie les conquêtes de Charles d’Anjou, et,séduit par ses alliances nouvelles, déserte lapolitique des Flandres pour la folie napolitaine.Froissart a raconté, dans ses naïves et pittores-ques chroniques, les voyages, les caprices decette brillante et folle jeunesse. Le roi descendle Rhône jusqu’à Avignon et, là, entraînant lacour pontificale dans le tourbillon de ses fêtes,il fait couronner roi de Sicile un enfant de dixans, Louis d’Anjou ÇI389), parle de ramenerClément VII à Rome, Louis II à Naples, et derejeter les Turcs au fond de l’Asie. Charles VIII,cent ans plus tard, fera les mêmes rêves et seheurtera aux mêmes périls.

Cette même année, Amédée profite du sé-