1430-1434
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publié des lois excellentes, pris une part activeà toutes les affaires de son temps, il put croiresa tâche accomplie. Son âge, ses sentimentsreligieux le prédisposaient à la retraite ; maisil voulut se survivre. Délicate épreuve, et quiréussit à peu de pi'inces ; car la retraite,presque toujours, a trompé ceux qu’elle flattaitde l’espérance du repos. Le 7 novembre 1434,le duc Àmédée assembla les députés des troisEtats de Savoie 1 à Ripaille, et, de leur aveu,remit le pouvoir exécutif entre les mains deson fils Louis, avec la même dignité simple, lemême accent de mélancolie que Gharles-Quint,lorsqu’il abdiqua aussi entre les mains de sonfils, cent vingt-un ans plus lard 2 . Cette nou-veauté surprit l’Europe ; on n’était pas faitencore à ce spectacle d’un prince descendantvolontairement du trône et qui, dans une en-tière vigueur d’esprit et de corps, proclamait lenéant des grandeurs humaines devant le suc-cesseur auquel il les abandonnait. Plus sageque ne le fut Charles-Quint, Amédée V ! ï I,renonçant à l’appareil et aux ennuis de latoute-puissance, s’en réservait une part, laseule véritablement attrayante pour un espritintelligent et blasé. La direction des affairesoffre seule ces âpres jouissances qui restentnécessaires à l’homme dès longtemps habitué
1 Amédée VIII, dit Grillef fDiet. III. 193), n’abdiquaqu’après avoir convoqué les trois litats du duché. II estregrettable que l’abbé Grillet, qui paraît avoir eu à sa dispo-sition quantité de documents aujourd’hui perdus, n’ait paspublié le texte original de toutes les pièces inédites qu’il ditavoir vues et dont il a fait usage.
2 Le 25 octobre 1555 ; mais le duc Louis, malheureusement,peut-être, pour la Savoie, n’était pas Philippe II.