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Tome premier.
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1440-1449

nement à son fils; trois mois plus tard, le 6 jan-vier 1440, il consomma son abdication par unacte solennel proclamé dans la chapelle du châ-teau de Thonon 1 . Cependant il persista à ré-server sa part dans le gouvernement, et montrapar plusieurs actes 2 sa ténacité à se reprendreà l’exercice du pouvoir. Lorsque les événe-ments eurent rendu nécessaire la retraite deFélix V, les rois de France, d’Angleterre et deSicile négocièrent les conditions auxquellesAmcdée-Félix se démettrait du pontificat, etse rendirent caution de la bonne foi du papeNicolas V. Le 7 avril 1449, Félix Y déclara so-lennellement qu’il se démettoit du Papat pourle plus asseuré repos de l’Eglise, et à la requestedes rois françois % anglois, sicilien, avec ledauphin du Viennois' 1 . C’est le cas de rappelerles judicieuses paroles que Froissart avaitécrites au début de ces querelles du schisme,les plus tristes de celles qui peuvent diviser lespeuples, car elles s’attaquent aux meilleurs sen-timents de l’àme :

« Un temps on s’émerveillera comment l’Eglise peutcheoir en tels troubles ne si longuement demourer. Cemaulvais schisme ha engendré des maulx infinis, ce qui

1 ÀR. C11. C. Chablais et Faucigny .— Prot. et Investit. 416.

Voir aux Archives de Genève les nombreuses correspon-dances inédites de 1439 à 1449, et, aux PREUVES de cettehistoire, les Documents n os IX et X.

3 A la mort d’Eugène (1447), Nicolas V est aussitôt reconnupar l’Allemagne et par la France. Le duc de Bourgogne lui-même, dans ses traités avec le duc de Savoie, réservait lefait de l'Eglise. (Mém. de la Soc. Savois. VII. 356.)

4 Par lettres patentes du 5 décembre 1445, le dauphinLouis défend aux provinces du Dauphiné de reconnaître lajuridiction spirituelle de Félix V. (Arch. de Grenoble.)