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mais elles n’ont pu prévaloir à mesure que les peuplesse sont isolés dans leur indépendance. — Philippe-le-Bel avait accentué les précautions de saint Louiscontre la féodalité et le pontiticat. Il avait ralenti le flotenvahisseur des gens de mainmorte, en triplant lasomme que l’acquéreur ecclésiastique était tenu depayer pour compenser les droits de mutation que per-dait le roi. En évinçant les prêtres du Parlement, il dit,sans chercher à dissimuler sa pensée, que c’était afind’avoir à lui des serviteurs sincères et qui ne dépen-dissent pas d’une autre juridiction que la sienne. Leclergé mis à l’écart, Philippe-le-Bel proclama contreles justices seigneuriales le principe absolu des Pan-dectes : Ne quis in sud causa judicetj puis, ses légistes,armés du texte des lois impériales qui consacrent àchaque mot l’omnipotence et l’initiative du prince,organisèrent à la fois la centralisation monarchique etle mécanisme fiscal : le but et le moyen. »
Amédée VIII entra résolûment dans cettevoie ; par la hiérarchie de ses propres tribunauxet le classement des justices féodales et ecclé-siastiques, par la périodicité des assises et desassemblées, par les audiences personnelles etsurtout par le droit d’appel, il obtint ce doublerésultat de déconcerter les coalitions des sei-gneurs et de mettre un frein à l’empiétementdes tribunaux d’exception. La lutte fut longue,opiniâtre, marquée par ces témérités toujoursheureuses qui saisissaient l’imagination dupeuple en attribuant à la Maison de Savoie leprestige d’un perpétuel succès. Les prélats deGenève, de Maurienne et de Tarentaise s’é-taient inclinés l’un après l’autre devant laruse ou la force ; Amédée VIII ne se satisfitpas des capitulations isolées surprises par sesdevanciers : il exigea qu’un acte solennel, dé-libéré sous les yeux des députés du pays,
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