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lement des rentes en argent ou en nature àprendre sur la gabelle de tel ou tel lieu l 2 . Do-mestiques du prince, comme on disait alors,sans attribuer à ce mot d’autre sens que savieille acception romaine, les artistes étaientemployés à satisfaire les fantaisies du maître ;ils avaient rarement le droit de ne suivre queleurs propres inspirations. Benvenuto Cellini,le premier, racheta les arts de cette servitude 11 .Nous sommes loin de la mâle fierté des ouvriersdu XII e siècle et du XIII e , associés sous lesnoms de francs maçons, de francs monnayeurs,de francs batteurs de fer, ete. L’artiste est de-venu le confident, le complaisant du prince ;c’est souvent un valet adroit qu’on charge demissions secrètes et qui vend à la fois sa con-science et son génie. De là la vulgarité desœuvres, la condition servile des hommes; leursnoms figurent sur les pages triviales des re-gistres de dépenses entre l’achat d’un chevalet le salaire d’un histrion. L’art n’était pas,comme en Italie, le culte du beau, la passion del’idéal; pur caprice, affaire de mode. Le peintresavoyen maître Thierry, le verrier lombard Gio-vanni et le tailleur d’imaiges français Guy del’Hospital sont les plus connus des artistes fa-voris d’Amédée VIII. Les lois somptuaires de1430 durent exercer une influence immédiatesur les industries de luxe du pays ; beaucoupd’ateliers d’orfèvres se fermèrent, et les joyaux,
1 A R, CH. C. Dépenses de la Maison ducale et compte dutrésorier Jehan Loctier (1466).
2 Les avanies que subit Poussin à la cour de Louis XIII etqui le forcèrent à retourner à Rome en 1642, marquent assezee que fut, en plein XVII e siècle, le sort des artistes quand iisne s’appelaient pas Rubens ou Van Dick.