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1463-1465
duites. L’abbé Frézet, peu suspect quand ils’agit de critique, a dit du duc Louis qu’il nesut faire à propos ni la guerre ni la paix.L’expédition de Chypre, cause première destroubles civils de la Savoie, venait, au dehors,de renouveler les désastres de la guerre de lasuccession de Milan. En 1458, le second lilsdu duc Louis avait épousé sa cousine Charlottede Lusignan, reine en 1459. Pendant cinqannées que dura la guerre intestine desCypriotes, le duc Louis, sollicité par sa femme,ne cessa d’envoyer des soldats et de l’argent,à ce point qu’il s’écriait un jour: Les Cypriennesont dévoré mon duché de Savoye. Le roi Louis,indolent comme son père, s’émut peu de laperte d’un trône; mais Charlotte alla chercherdes secours auprès des princes italiens et dupape. En 1462, d’accord avec la duchesseAnne, elle convint de léguer ses droits au ducLouis, au cas qu’elle n’eût pas d’enfants 1 ; deChambéry elle retourna à Rhodes ; le roi venaitde quitter l’ile pour se réfugier à Tlionon.La dernière ville qui tint pour elle fut cellede Ghérines : François de Langins, seigneurde Veygié en Genevois, se jeta dans la placeavec huit cents Savoyens et s’y défendit trentemois. De Rhodes, perdant son fils au ber-ceau, écrivant à son mari une lettre triste etfière qui ne précéda que de peu de jours lareddition de Ghérines, la reine suivait des yeuxet du cœur la défense désespérée de ces braves :
« Si j’avois tant seulement XV mille, voire XX mille
1 La convention diplomatique est du 18 juin 1462. (Guiche-non. Preuves. 391.)