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Tome premier.
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retenir dans les vallées des Alpes, loin des marchés etdes centres de consommation, des populations activespar nature et dont l’esprit intelligent et tenace s’ac-commodait mal d’un éternel servage. La pauvreté dupays était proverbiale ; quantité d’édits d’allégeance oude réforme de justice sont motivés par povrelê et misèreextrême du pais de Savoye '. »

Malheureusement le prince ne prit des me-sures générales de protection et d’encourage-ment que trop tard, à une époque où les cou-rants de la production et de l’échange étantdésormais établis, les Savoyens ne purent lutteravec les manufacturiers de la France, de l’Alle-magne, de l’Italie, et durent se résigner à restertributaires des pays voisins, même pour les ob-jets d’une consommation usuelle et locale. Sile duc Philippe avait osé supprimer, en 1496,les péages de ses Etats, nul doute que la régiondes Alpes ne fût restée la grande route commer-ciale entre le nord et le raidi ; tandis que cetteroute se déplaça ou devint maritime. De 1475

privilèges aux banquiers d’Annecy ; en 1451, il permet aux ha-bitants d'Albens, et en 1452 à ceux do Montagny, de vendreleurs blés sans payer la leyde. En 1477, Yolande de Franceautorise les habitants de la vallée d’Aulps, en raison de l'élèvedes bestiaux et du commerce des fromages, à ne payer par anque 250 florins répartis entre 30 feux, quel que put être lenombre des familles. En 1490 Blanche de Montferrat, en 1514Charles 1IJ, exemptent des droils de péage les bourgeois deCluses et de Rumilly incendiés. Ces immunités à une ville, àune corporation, ne suffisaient point pour secouer la torpeur dupeuple, et réparer les erreurs économiques des lois somptuairesde 1430 et (les édits contre les agioteurs de blés ou les ma-nieurs d’argent.

* En 1313, le testament du comte Aytnon porte qu’on feral’aumône, dans Chambéry, à quatre mille pauvres de la villeou des environs, pour le moins , tous les ans. En 1789, d’aprèsla statistique du préfet de Yerneilh, il y avait en Savoie 3,688mendiants errants, et 4,360 en 1801.