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Tome premier.
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mes perpétuels dont chaque parti était tour àtour la victime. Depuis la lutte du Sacerdoceet de l’Empire, ce ne sont dans les républiquesitaliennes que proscriptions et servitudes. Laliberté paraissait être aux vainqueurs un droithéréditaire dont il fallait écarter les vaincus,et cette pensée donna lieu aux anomalies lesplus étranges 1 . La participation réelle ou ima-ginaire de la nation aux affaires publiques peutseule réveiller l’enthousiasme et imposer àchacun cette part de responsabilité sans la-quelle il n’y a point de sentiment nationalsérieux et fécond. Or, en Italie, la liberté,qui d’abord avait été assise sur la base la pluslarge, ne reposait plus désormais que sur lapointe d’une pyramide, remarque Sismondi ; iln’y avait plus assez de citoyens pour sauver lapatrie ; tous les grands cœurs avaient cessé debattre. Chacun, dans ses affaires intimes commedans les affaires publiques, répétait le mot deCésar Borgia : Ce qu’on n’a pas fait à l’heure,de midi se fera le soir ; et mettait en pratiqueles détestables axiomes que Machiavel tradui-sait avec un cynisme dont on n’a pas comprisl’amertume : — A quoi bon le scrupule du malquand le mal est nécessaire ? Le succès justifietout ; car le vulgaire est toujours séduit parVapparence, et, dans ce monde, il n’y a que levulgaire' 2 . Telle était l’Italie ; pleine de charme,

trouvé à peine vingt mille sur une population de dix-huit mil-lions d’habitants.

1 A Florence, en 1343 , les plus illustres familles, pourrecouvrer le droit de bourgeoisie, sollicitèrent des lettres deroture et firent effacer leur nom du rôle de la noblesse. (Giov.Yillani. Isfprie florentine. XII. 904.)

3 I,e Livre du Prince, tant reproché à ce profond politique,