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Tome deuxième.
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1516-1526

sur sept, la sûreté de ses routes, la garantie deson commerce; elle n’oubliait pas que la chartede ses droits politiques avait été imposée parle comte Amé V à l’évêque Aimon du Quart.Mais, lorsque la Savoie, tombée sous la main deLouis XI et compromise par le duc de Bourgo-gne, eut laissé détourner le commerce de Ge-nève au profit des foires de Lyon, et demeuraimpuissante à défendre les rives du Lémancontre la vengeance des Suisses, les Genevoischerchèrent d’autres alliés. La querelle s’aigritquand le jeune Charles eut froissé par ses al-lures hautaines jusqu’aux plus attachés de sespartisans. Le compromis de 1484, les fêtes de1498, de 1501, de 1504, assoupirent le conflit ;mais les relations nouées avec les Suisses de-puis l’invasion de 1476 étaient insensiblementdevenues amicales, et la cité se divisait entreplusieurs factions dont les unes voulaient toutrompre et les autres tout concilier. Deux hom-mes ont attaché leur nom à cette période del’histoire genevoise. Nul n’aperçoit les toursde Chillon sans les saluer du cri du poète :

« Chillon ! Ta prison est un lieu sacré ; ton tristepavé est un autel, car il a gardé la trace des pas deBonivard comme si tes froides pierres eussent été unmoelleux gazon ! Que ces traces éloquentes demeurentineffaçables ! Elles en appellent à Dieu de la tyranniedes hommes 1 . «

Dans les livres genevois, Bertlielier, l’amide Bonivard, est aussi représenté comme unrépublicain de la trempe des vieux romains ;en revanche, les écrivains de Savoie les ont

1 Lord Byron. Le Prisonnier de Chillon.