1516-1526
Fribourg; le 5 avril, le duc Charles entre dansla ville, les portes rompues, à la tête de troisgros de cavaliers. Les Bernois, fidèles au traitéde 1512, désavouent les gens de Fribourg ; lacité, mal servie par certains de ses magistrats,obéit en protestant et livre ses chefs ; Boni-vard est exilé, Berthelier meurt avec un hé-roïsme qui rehausse son caractère 1 .
Ce coup d’autorité ne fit que roidir dans sacourageuse obstination cette population re-muante, jusqu’alors plus querelleuse que con-vaincue. La réception fastueuse que fit Genève,en 1523, à la duchesse Béatrix, dissimulaitd’implacables rancunes. L’enivrement des fê-tes a servi souvent les calculs des conspira-teurs ; quelques semaines plus tard, la villeétait en pleine insurrection. En 1524, les offi-ciers de Savoie saisissent dans les rues le jugeLévrerv, qui s’opinidtrait, dans son aveuç/le-meut, à maintenir les droits de justice de l’évê-que et de la cité; lié sur un cheval avec sa casa-que de velours, le malheureux est conduit àBonne, jugé, condamné, décapité,sans qu’on luipermit d’écrire aux siens ni de faire appel decette brusque sentence. Le duc rentre dans Ge-nève avec dix mille hommes, et tient dans lescloîtres de Saint-Pierre, le 10 décembre 1525,l’assemblée qu’on appela le conseil des hal-lebardiers. Quarante conseillers sur soixante
rain ou du critique moderne? Et, dans le doute, ne vaut-ilpas mieux admettre l’héroïsme de l'homme que sa honte?
1 Août 1519. — Il ne faut pas confondre, comme l’ont sou-vent fait à dessein les apologistes de Savoie, dit Spon, ce Ber-thelier avec un autre Philibert Berthelier, condamné en 1555,et qui fut. aussi méchant homme que le premier aroit étéhomme de bien.