1530-1534
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des abbés et des prélats pour nourrir les pauvres ; larigueur des édits n’a fait qu’attiser le feu. »
Les Etats-Généraux, assemblés à Chambéryen février 1528, et le synode de juin 1529,édictèrent en vain de terribles punitions.Le supplice de douze gentilshommes indignatoute la région des Alpes; les inquisiteursvenus de Rome furent forcés de se retirerdevant la clameur publique 1 . Aussitôt aprèsla journée de Payerne, les Genevois, comptantpeu sur l’avenir, imitèrent l’exemple des ma-lins qui, menacés du naufrage, jettent tout à lamer pour tenir quelques heures de plus. Ilsrasent les faubourgs, ferment quatre des sixportes de la ville , et vendent leurs meu-bles pour amasser du blé et des armes. En
1532, deux dauphinois, Farel et Saunier, re-venant de forcer l’adhésion des églises vaudoi-ses à la Réformation, traversent Genève; ilssont frappés de cet élan universel de patrio-tisme et jettent, parmi ce peuple, la semenceardente qui passionnait déjà les hautes valléesdes Alpes piémontaises et dauphinoises. Lecouvent des Cordeliers de Rive devint un foyerde propagande ; les deux partis qui se dispu-taient la ville, soutenus, l’un par Berne, l’autrepar Fribourg, transigent un instant, le 27 mai
1533, en proclamant égal& liberté pour lamesse et pour le prêche. Mais là. division étaitdans les familles ; les inimitiés locales, sur-excitées par les menaces du duc" 2 , les intri-gues de l’évêque, et ces manifestations popu-
1 PREUVES. Documents n°» XII, XXXIII etCXXXY.
2 En 1532, le duc Charles demanda des hommes et de l’ar-gent aux Etals de Savoie, de Y and et de Bresse pour faire la