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Tome deuxième.
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1528-1559

des étrangers, cette pénurie d’artistes et desavants, ne doivent pas surprendre. L’Italieconserva longtemps le monopole d’enseigneraux Barbares, comme ses chroniqueurs ap-pelèrent jusqu’au XVI e siècle les peuples tran-salpins, les arts utiles et les arts aimables.L’infériorité relative des habitants des Alpesavait pour cause l’état social ; chez les labou-reurs, les pâtres, les forestiers, les vigneronsdes vallées ou des hauts plateaux, la rudessedes travaux agricoles le disputait à la rudessedes camps. Dans les villes et les villages, l’exer-cice à la mode, le délassement le plus apprécié,étaient le tir de l’arc, le jeu du papegay. De-puis les temps légendaires où quelques braves,réfugiés dans des tours comme des naufragésdans des îlots, avaient résisté aux Sarrasins,partout l’amour du clocher de paroisse ou de lamaison de ville lit surgir des associations desoldats volontaires, quittant au premier coupde cloche, au premier signal des feux, la bou-tique ou la charrue pour le casque de cuir et ladague. De là naquirent ces compagnies de ban-doulière, d’archers, d’arbalétriers, de couleuvri-niers, d’arquebusiers, si nombreuses au moyen-âge dans les Alpes, et qui, au XVI e siècle, setransformèrent en corps de parade plutôt quede combat sous le titre de chevaliers-tireurs 1 .Favorisées par les princes, ces compagnies,qui rappellent nos francs-tireurs de Lorraineet des Vosges, rendirent des services au payset y entretinrent le patriotisme et le goût des

1 Certains comptent, toutefois, de belles pages dans leursannales ; ainsi ceux d’Annecy et de Rumilly en 1630, ceux deChambéry en 1742 et 1743 ; etc.