1564-1567
— 126 —
de la rive droite du Léman, s’il abandonnetout espoir de retour à Villeneuve, Chillon,Vevay, Lausanne, Nyon, il reprend possessiondu pays de Gex, du Chablais, des baillages deTernier et de Gaillard dont le territoire en-ferme Genève. Le traité garantissait le main-tien perpétuel des ministres protestants et lelibre exercice du culte réformé dans les pro-vinces restituées. Le duc fit, à cette occasion,une déclaration de principes dont l’histoire,en face de l’impitoyable intolérance du XVI esiècle, a le devoir de proclamer la hardiessegénéreuse :
« Quant à nos anciens sujets, ils ont si longtempscontinué en leur religion présente, qu’on ne pourroitles en faire despartir sans grande violence, chose dutout contraire à nostre nature. Nous avons vu lesmalheurs et désolations advenues en pays voisins parces diversités de créances ; aussi les chrestiens doiventimplorer la grâce de Dieu par le moyen de laquelleestant toutes dissenssions assoupies, la chrestientéretournera à une vraye et bonne union au fait de lareligion. Aussy, jamais nos sujets 11e seront ny persé-cutés ny vexés en aucune manière, ny en corps ny enbiens par nous, ny nos officiers, et si aucuns desplai-sirs leur estoient faits pour ladite religion, nous enferons punition comme vrav prince de justice 1 . »
Emmanuel-Philibert n’avait pas renoncé àséduire Genève. Les bourgeois se roidissaientcontre toute escalade diplomatique; ils rele-vèrent leurs remparts, soudoyèrent des soldatsde fortune pour former le noyau de leur miliceet se défendirent avec la même énergie contre
1 Archives de Berne. — livre français. III. (Préliminaire*«lu traité de 1564.)