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Tome deuxième.
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1585-1586

imprimer à Turin, par Nicolas Bevilacqua, sousla direction de César Gambiano, les Statuts de1430, mais, multis in lotis emendata, avoueGambiano. L’esprit hostile aux libertés provin-ciales qui présida à la révision du code d’Amé-dée VIII fut sans doute un des motifs quiprovoquèrent le sans-gêne du baron de Fenixdans sa mission au val d’Aoste. Le Dauphinéétait alors violemment remué par le procès destailles; si les insurrections sociales de Romans,de Moirenc, de Grenoble, ne se propagèrentpas en Savoie (1580 à 1583) ; si le cornet desmontagnards ne répondit pas au tambourindes villageois du Graisivaudan, c’est que destroupes espagnoles et piémontaises occupaienten nombre la Savoie et la Bresse depuis la finde 1579. Il faut trouver dans la proximité destroubles du Dauphiné le motif, inexpliqué jus-qu’ici, qui rendit, soudain, les milices nationa-les suspectes au cabinet de Turin, et, dans laprésence des soldats étrangers , la cause ducalme politique du pays.

Lorsque, en 1585, le duc Charles partit pouraller épouser à Sarragosse l’infante Catarina-Michele 1 , il s’écria qu’il brusleroit ses bottesplus tost que de n’avoir pas Genève au retour.Ce mariage devait, dans sa pensée, lui enouvrir les portes. Le duc prodigua aux minis-tres espagnols et aux favoris du prince toutel’épargne de son père ; il distribua pour cinqcent mille écus de cadeaux ou de pensions,et fit plus de dépense en ce voyage que ne mon-

1 Je prends ce nom tel qu’il.est écrit dans les lettres-paten-tes et les édits signés par cette princesse. (Recueil de Bally etArchives de cour.)