1589-1590
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dément étudié ; quand vous leur aurez donné un mêmemaître, ils seront encore ces indomptables Allobro-ges qui furent la gloire des Celtes, la terreur de Rome.Renouez la chaîne des temps, rattachez-vous à l'anciennedynastie de vos rois 1 . »
Chabod était d’humeur à jouer en Dauphinéle personnage de Bonivard, YErasme savoyen,à Genève, et à remplir la tâche que Marnix deSainte-Aldegonde, un autre enfant de la Savoie,illustre à l’étranger, oublié dans sa patrie,s’était donnée en Hollande. Le sentiment uni-taire des Dauphinois l’emporta sur l’esprit doparti et l’amour-propre provincial ; le parle-ment remit â huitaine pour délibérer, puis litrépondre à Chabod que, les Etats-Générauxayant seuls le pouvoir de discuter les questionsdynastiques, la cour se déclarait incompétente.Tandis que Chabod échouait à Grenoble,l’évêque de Pliez et le président Jeannin, agentsdu roi d’Espagne, entraînaient le vote duparlement d’Aix.
« Trois conseillers, dit Guichenon, députés par cetteCour au nom des Ligueurs de Provence, vinrent décla-rer au duc que, s’il les pouvoit affranchir de la domi-nation française, ils le reconnaîtraient à l’avenir pourleur comte et seigneur. L’amhassadeur d’Espagne etle Légat du Pape, présents à l’audience, se déclarè-rent autoi'isés à appuyer cette offre au nom de leursCours. »
Le duc, s’éloignant à regret du blocus de
1 Archives de cour, et registres du parlement de Grenoble.— Ce discours célèbre trahit le secret, déguisé depuis à des-sein, de l’origine gallo-romaine de la Maison de Savoie etcontinue les traditions de ces princes toujours prêts à invoquerle souvenir des royaumes de Bourgogne et d’Arles en atten-dant qu’ils se fissent les héritiers des rois d’Italie.