— m
1592-1593
Déjà, lors de la réunion des Etats' chargésde l’élection d’un roi, le duc de Savoie avait étél’objet de violentes attaques ; les pamphlétaireset les chroniqueurs ne gardèrent plus de me-sure dès qu’on le sut vaincu et que l’abjura-tion d’Henri de Navarre (25 juillet 1593) eutrallié les partis. On lit à son adresse, dans laSa tire Ménippée :
« Celluy là doit se satisfaire de nous avoir soustraitle Marquisat de Saluces par fraude et trahison, au dan-ger de le rendre tostnu double si nous avions un peu detemps pour prendre haleine. Cependant, il aura ceplaisir de se dire roy de Chypre et de tirer son antiquitéde Saxe 1 2 . — Charles-Emmanuel, dit un contemporain 3estoit lors tenu par aucuns l’un de nos plus judicieux,adroits et avisés princes. Anticipant les advantages qu’ilse proposoit de ses alliances avec l’Espagnol, il eschel-loit ses grandeurs sur les degrés de ses amis plus quesur ses propres moyens et se fantasioit l’élection à lacouronne des Romains et la superintendance de lachrestienté. »
Les événements de Paris, en rayant le ducCharles de la liste des candidats au trône, lerejetaient au nombre des alliés de l’Espagne,ennemis de la France. La Savoie en souffrit
1 Ouverts le 20 janvier 1593. — On voyoit nuit et jour dansles rues de Paris, dit le Journal de l'Estoile, tes agents desprétendants qui vont visiter les députes et briguer leurs suffra-ges, et surtout ceux des deux Charles de Savoie (le duc et Ne-mours). — Les Archives de cour renferment le texte, écrit de lamain du duc de Savoie, des instructions secrètes qu'il donne bses agents à Paris ; sa préoccupation est do se faire acceptercomme le chef des catholiques , ayant plus rendu de services àla religion romaine que le roi d'Espagne, dit-il.
i Harangue de M. d’Aubray pour le tiers-état.
3 Histoire de la conqueste des pais de Bresse et de Savoye,par le sieur de la Popellmière. — Lyon. 1601. In-12.