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la nuit du 15 mars 1598, ce fort,à peine achevé,est enlevé à l’escalade; c’était la revanche dela défaite de Créqui 1 , pris en Maurienne unmois plus tôt. La paix de Vervins fit manquerà Lesdiguières le projet qu’il avait formé desaisir le duc 2 .
Pendant que Charles-Emmanuel négociaiten Provence, escarmouchait dans les Alpes,puis, forcé de rentrer sur son territoire, tenaittête difficilement aux coups de boutoir de Les-diguières ; pendant que la Ligue perdait l’uneaprès l’autre toutes ses villes et que les chefsde la noblesse se ralliaient à Henri IY ; pen-dant que Philippe II subissait le double mé-compte de la reprise d’Amiens et de la sou-mission du duc de Mercœur, la guerre con-tinuait, avec des alternatives de succès et derevers, mais toujours ardente et impitoyable,sur les deux rives du Rhône. Les maux que laSavoie avait soufferts, durant ces neuf campa-gnes stériles, de 1589 à 1598, n’étaient rienauprès des excès commis autour de Lyon et deGenève. En 1591, Sancy, fort habile à surpren-dre les convois de doublons qui passaient à Bâleou à Besançon, et qui réussit aux attaques
* Créqui avait battu le due au combat de Saint-André ;mais, après la reprise de Charbonnières, trompé par une rusede guerre, il s’attarde sur les bords de l'Arc, se débat contredes forces supérieures aux combats d’Argentine, d'Epierre. deCuines. et enfin, bloqué de toutes parts, n’ayant p us que deuxcents hommes, après trois jours de défense en rase campagneet une nuit passée dans la neige jusqu’à la ceinture, il serend épuisé. (Guichenon. II. 333.)
2 « Apprenant que le duc galantisoit proche C.hasteauhlancune parente du comte de Brandis, gouverneur du fort de Mont-mélian.et qu’il y passoit à son occasion des jours et des nuits,il s’estoit préparé à luy faire ce bon office de l’y enfermer touten plein. » (Vide]. I. 202.)