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Tome deuxième.
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186
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1592-1598

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« Le bastard de Savoye y entra environ la fin de juinavec une armée d’infanterie et cavalerie espagnoles,gens comme ils sont exiraicts de Sarrazinset de Mores-ques, ne sachant ce que c’est qu’humanité comme letémoignent leurs propres histoires des Amériques et

déportements des Pays-Bas. Outre le dégast des

maisons de ceux de Genève, tuant avec cela autant depaovres paysans sujets naturels dudict seigneur ducqu’ils peuvent attraper, sans aucun esgard d’aage ni desexe. Le vieil et décrépit n’y a point esté espargné; lesfemmes vieilles et jeunes forcées jusques au mourir ;les petits enfants arrachés du sein de leurs mères etleurs paovres testes cscrasées ; coupant vignes et arbrespour réduire ces paovres pays en désert inhabitablecomme ils ont désia bien avancé »

La France, la Suisse, Venise sur tout prirentune grande part à la défense de Genève contreles armées espagnoles ; Venise, Bâle, Genèveétaient, an XVI e siècle, les trois abris de lapensée humaine; cette solidarité de l’esprit,sentie plus que comprise, ralliait autour de cesvilles les mêmes défenseurs, en petit nombre,mais passionnés ; le piémontais Mercurin deGattinara, le florentin Machiavel, les savoyensRené de Lucinge et Joly d’Allery, le françaisd’Ossat furent, d’un bout du siècle à l’autre,les avocats de ces nids d’aigle que pourtant ilsaimaient peu. Le marquis de Saint-Sorlin dansle Lyonnais % le marquis de Treffort 3 et le maré-

' Mémoires de la Ligue. Tome TV. page 260.

2 Saint-Sorlin marche sur Lyon pour dégager Nemours,Traitant le pays avec des inhumanités plus que barbares etbrutaux déportements. — Lettre des consuls de Lyon à d'Or-nano ; 30 septembre 1593. (Péricaud. Documents pour l’histoirede Lyon.)

3 Ou enfermait les notables dans des coffres ou dans destonneaux jusqu'à ce que leurs parents ou amis eussent payé la