1600
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campagne, dont la bonhomie du roi, les alluresdécidées de Sully et le manque absolu de dis-cipline des officiers et des soldats forment lestraits caractéristiques. Humbert de Saix se dé-fendit mal à Charbonnières et capitula, mal-gré le colonel Bindi qui rompit la trêve à coupsde canon, tandis que son chef continuait à bat-tre la chamade sur l’autre bastion; Sully, émer-veillé de la fraîcheur des femmes d’Aiguebelle.les sauva de la rage des soldats. Lesdiguières.passionné pour la guerre de montagnes et leshardis coups de main, envahit la Tarentaiseavec un millier d’hommes résolus et rejeta l’ar-mée ducale dans le val d’Aoste après vingtcombats où le succès lui fut chèrement disputé.Le capitaine italien Rosso, bien servi par lepatriotisme des Tarins, défendit le col d’Aigue-blanehc, n’évacua le fort de Saint-Jacquemotqu'au troisième assaut, et lutta pied à pied surla route du Saint-Bernard; ses barricades dudétroit du Saix, deVillette, d’Aime, de Bellen-tre, furent enlevées à l’escalade. Lesdiguières,irrité qu’on osât tenir devant lui , se vengeaen soldat brutal ; il incendia les châteaux etbrûla les archives. Il ne restait plus au duc deSavoie que les trois citadelles de Montmé-lian, Bourg et Sainte-Catherine, bloquées parCréqui, le maréchal de Biron et le comte deSoissons. Les deux dernières étaient défenduespar d’honnêtes gens et de braves soldats,MM. de Bouvens et de Lucinge ; si le duc enavait eu de tels à Chambéry, à Montmélian, àAiguebelle et à Gonflans, nul doute qu’avec desmilices aussi dévouées que celles de Tarentaise,la campagne de 1600 ne fût devenue sérieuse,au lieu d’être une guerre de parade.