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Tome deuxième.
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connus, l'ont honneur à MM. de Sonnaz et deChaffardon ; je les transcris sur un documentoriginal 1 ; c’est une page que la Savoie doitêtre fière d’ajouter à ses souvenirs de cheva-leresque üdélité. Les vertus politiques sonttoutes de relation ; le traître de l’un est le hérosde l’autre; mais l’impartiale histoire applaudi!à quiconque sut bien mourir comme à quicon-que sut bien vivre.

t Sonas avoit eu la jambe cassée dans la meslée ; ilfut porté dans une chaise. Il estoit résolu, parloit peuet recognoissoil le péril où Dalbigny les avoit mescham-rnent entraînés. Chaffardon estoit de petite taille, che-veux rouges, et donnoit du courage à ses compagnonsd’infortune. Dattignac, homme de haute stature, hur-loit, voyant qu’il falloit mourir. Les autres estaient con-duits attachés deux à deux. Lorsqu’il eurent esté intro-duits dans le Conseil, l’on posa la chaise où estoitSonas, les autres àgenoux. Sonas requit qu’il lui fut per-mis de disposer sommairement de ses biens à ses septenfans, ce qui luy fut permis et escript par le secrétaired’Eslat. Chaffardon fit aussy des dispositions à ses bas-tards. Ensuite M. le premier Syndic prononça leur sen-tence, savoir: que Messieurs ayant vu leurs procès, in-terrogats et réponses, les ont jugés coupables d’avoirattenté une horrible et damnable trahison, pour épan-dre le sang innocent de ceux qui ne demandoient quede vivre en paix, desquels ils n’avoient jamais reçu au-cun déplaisir. Tellement qu’on ne pouvoit procédercontre eux comme gens de guerre, vu la paix qui avoitesté jurée et rejurée par leur prince, mais commevoleurs de nuit et brigands, méritant tout au moinsd’estre rompus par la roue. Toutesfois lesdits seigneursvoulant user de commisération et de bonté les condam-nent lous d’estre menés au prochain boulevart du lieu

1 Manuscrit protestant de 1605, des Archives de Genève,dont quelques passages ont été publiés en 1845.