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1622-1624
Ces années, de 1620 à 1624, marquent pourla Savoie une série d’épreuves dont le contre-coup se fit sentir de Turin à Chambéry et àAnnecy; du cabinet de Scaglia, de Barberini,de Bérulle, ou de l'antichambre d’Olivarèsjusqu’au sein du Sénat de Savoie; de la poli-tique dans les mœurs. Le duc Charles-Emma-nuel vieillissant perdait l’un après l’autre tousles soutiens de sa politique. Mgr Berliet 1 étaitmort en 1607, et son successeur, le conciliantGermonio, envoyé auprès de Philippe III poury servir de tuteur à l’impétueux Philibert, s’é-tait si bien acclimaté sous ce beau ciel d’Es-pagne qu’il n’en voulut pas revenir 2 ; Roncas,le rusé diplomate qui négocia les affaires duMarquisat, s’éteignait dans une magnifique re-traite 3 . L’évêque d’Aoste, Ludovic Martini, finpolitique, et le président Jeannin, le seulhomme qui se souvînt d’Henri IV, moururent
le cabinet du roi ; ils décomposent l’Etat et pourront bientôtexpulser le roi de sa propre demeure, (lenève est quasi leurHome.» (Instructions du pape au Corona. 18 juillet 1621.—Archives de cour).
1 Premier président des Comptes, archevêque de Tarentaiseen 1598, après la mort de sa femme. En chargeant de missionsdiplomatiques tous les prélats de ses Etats, missions qui lesretenaient souvent pendant des années hors de leurs diocèses,le duc évitait des conflits avec les fiefs ecclésiastiques et y pre-nait de plus en plus une position solide.
2 11 écrivit de Madrid à son clergé des lettres précieuses pourl'histoire des mœurs (Epistolarum pastoralium ad clerum etpopulum Tarentasiensem, 1620) ; il y mourut en 1627.
3 T,e palais Roncas, à Aoste, est une superbe habitation dansle grand style du palais Farnèse de Rome. Les portiques enétaient couverts de fresques délicates dans le goût des grottes-ehi de Raphaël aux loges du Vatican. La sottise des intendantspiémontais a couvert de badigeon ces libres peintures, dontquelques parties, mal effacées, sont ravissantes de pensée, dedèïsin et de couleur.