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Tome deuxième.
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où François de Sales mettait tout son cœur,Antoine Favre n’apporta que des calculs. Douéde qualités éminentes, mais faisant bon marchéde ces conventions sociales du vice et de la vertuqui ne sont, à ses yeux, que le frein des âmesvulgaires, Favre trouvait dans les duplicités deCharles-Emmanuel, dans l’état embarrassé dela Savoie, dans les désordres de l’Europe, l’em-ploi d’un goût décidé pour l’intrigue, d’uneapparente franchise, d’un esprit délié, subtil,d’une passion du commandement que contra-riait sa cauteleuse prudence ; il était de cesriches,déguisés en pauvres, qui sacrilient l’éclatdu pouvoir pour mieux s’assurer la satisfactionde tout secrètement conduire.

Tour à tour magistrat, ambassadeur, inten-dant, et presque général d’armée, Antoine Favreréussit dans la plupart de ses entreprises. Laconversion du Chablais, les ambassades deRome et de Paris, la publication de deux ouvra-ges considérables sur le Droit romain 1 , lui firentune réputation d’homme universel à laquelleson Code 2 mit le sceau. Ce n’est, àvrai dire, quele Recueil raisonné des arrêts du Sénat deSavoie pendant une période de dix ans ; on faithonneur au seul Favre de ce travail de patience ;ce fut l’œuvre collective et souvent anonymede ses collègues 3 . La défense de motiver les

1 Ralionalia in Pandectas. (Genève. 1604). — Papinianeœjurisprudentiœ scienlia (Lyon, 1607).

2 Codex Fabrianus. Genève et Lyon, 1606. — In codice, déJoseph Aurel en parlant de Favre, quanta suî dissimilior, tanlbse ipse melior (Resp. jurisc, 63). Les travaux de Favre furent,de la part de ses contemporains, l’objet do violentes critiques.

8 En particulier de son savant et modeste collaborateur, l’an'cien commissaire des guerres Portier de Bellaiw II faut citer’