— 293 —
1629-1630
prince Victor, s’étant assuré qu’il ne pouvaitsauver la Savoie de l’invasion, avait quittéChambéry et s’occupait en toute hâte de met-tre en état de défense les passages des Alpes.
En 1(329, après la prise de Montauban, commeen 1628 après le siège de la Rochelle, Riche-lieu se rapproche des Alpes; il fallait, à toutprix, sauver Casai et Mantoue. Le cardinal avaitpour principe de ne menacer qu’à bon escient;il lève, sans bruit, sous la pique des soldats,dans le Lyonnais et le Dauphiné, la taxe arbi-traire des gens aisés; après quelques mois d’é-conomie, il peut solder 12,000 vétérans; sonagent à Turin, Mazarini, le tient informé desmenées italiennes et du dissentiment qui éclateentre les chefs des coalisés, le génois Spinola,l’autrichien Colalte ; tandis que le duc rejettel’une après l’autre les offres de paix de Créquiet de M. d’Eméry, Richelieu investit le col dumont Genèvre et occupe les avenues de la Sa-voie ; quand tout est prêt, il lève le masque etparle haut. Le duc, toujours irascible, tombedans le piège et rompt le premier. La campagnede 1630 se fit sur les deux revers des Alpes;en Piémont, l’armée royale s’attarde à des siè-ges, ne force pas la route de Mantoue et campeà dix lieues de Turin pendant que Spinola atta-que Casai; en Savoie, Richelieu flatte les goûtschevaleresques de Louis XIII par une rapideinvasion et de faciles conquêtes.
Le 14 mai 1630, vingt ans, jour pour jour,après l’assassinat d’Henri IV, le maréchal deCréqui investit Chambéry; on ferma les portes;les Français tirèrent quelques coups de mous-quet et entrèrent en pourparlers avec HectorMilliet, premier président du Sénat, comman-