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Tome deuxième.
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1630

d’un subside extraordinaire pour frais de guerre;mais le commerce était nul, les fréquents pas-sages de troupes affamaient le pays, la pestedésolait le Faucigny et le Genevois 1 , et, à partles gentilshommes que séduisait l’existencebrillante et agitée des camps, ou les soldats,déshabitués du travail par une vie de pillageset de fainéantise, la Savoie n’aspirait qu’au re-pos. Un graveur célèbre, fils du peintre de pré-dilection de Philippe IV ' 2 et qui naquit au mo-ment où les grandes guerres de la péninsuleitalique prirent lin, a buriné sur le cuivre l’an-tithèse qui, au XVII e siècle, frappait tous lesyeux : les misères de la guerre en face desbienfaits de la paix. Ici, un vieux partisan, toutécloppé, chargé de sa ferraille de guerre et dontl’arquebuse n est plus qu’une béquille, regagnepéniblement, à.petites étapes, le village d’où ilpartit, vingt ans plus tôt, pour se mettre à lasolde de Charles-Emmanuel, et où il ne trou-vera peut-être qu’une maison incendiée ; là,seul au milieu d’un champ fraîchement la-bouré, libre et confiant, le semeur 3 . L’amer-tume et la stérilité du présent ; l’espoir dansl’avenir. Telles étaient les pensées qui domi-naient toutes les autres au milieu de la lassi-tude universelle.

Aussi, lorsque l’armée française se présenta

soulagement des peuples que pour une nouvelle levée accordéeà S. À. par ses sujets. (Sénat. Reg. XXXIII, folio 92.)

1 Un arrêt du Sénat du 18 mai 1629 enjoint aux juges duGenevois de continuer à rendre la justice nonobstant la con-tagion et, pour ce, de se déplacer autant que besoin sera.

2 Giuseppe-Maria Melelli (1634.-1718), fils d’Agostino (1597-1660), de Bologne. — Mag. pitt. XXXV. 59.

3 Biblioth. imp. — Cabinet des estampes. (Ecole italienne,J