1536-1631
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sans interruption, à des litres divers, de 1583à 1630; le passage journalier des Italiens, desCatalans, des lansquenets, des reîtres, des Bo-hèmes qui traversaient les Alpes pour allerpiller les Flandres ou saccager la Lombardie ;les rassemblements des milices, la perpétuellemaraude des vétérans licenciés, des déser-teurs ou des bandits, infligèrent à ce malheu-reux pays, soi-disant en pleine paix, d’aussipénibles outrages que ceux qu’il avait subisde Lesdiguières ou des Bernois. Quelle fut,sur l’état social des Savoyens, l’action pacifiqueet moralisante des vingt années de réformesd’Emmanuel-Philibert 7 Quel fut le dissolvantqu’y jeta l’arbitraire de son fils ?
Ces résultats, que néglige l’histoire générale,et qu’on ne recueille d’ordinaire que dans lesmonographies, se dégagent des milliers d’acci-dents dont se compose la vie sociale. En les in-terrogeant, on ne crée plus de systèmes, on necherche plus des étais pour sa pensée, on faitrevivre l’homme intime, ondoyant et divers.L’étude d’une société dans les faits insigni-fiants du train de chaque jour n’est pas sansquelque danger; il faut se tenir en garde contrela tentation de la synthèse, et ne point gran-dir outre mesure les personnages,les querelles,les coteries, les audaces d’une époque qu’onjugerait mal, quelle quelle soit, si l’on y ap-portait un parti pris d’enthousiasme ou dedénigrement. Un fait excessif, anormal, ne peutservir de type à la condition moyenne d’unsiècle ; il est malaisé parfois de lui conserversa mesure, son degré précis d’importance ;la lecture des documents originaux peut ren-dre fréquents ces naufrages de la critique ; le