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1536-1631
inconséquents des impôts. En arrachant brus-quement au paysan son mulet, son bœuf ouson blé, on supprimait la culture, on réduisaitune famille à mourir de faim, on jetait l’hommesur les routes comme une bête fauve et lesfemmes à la suite des armées. Lorsque le paysse fut épuisé à payer l’impôt légal sous toutesses formes, le prince,abusant imprudemment dela misère du peuple, se fit une arme de la mau-vaise répartition des charges et de l'arbitrairedu recouvrement; l’individu était appauvri parla multiplicité des taxes, on exploita la com-munauté par la terreur; les arrêts de justicesont l’éloquent et triste commentaire des éditsde finance. Dès 1588, lors de la guerre de Sa-luées, le duc délègue des sénateurs, le plussouvent le conseiller Crassus et le présidentde Rochette, avec tous pouvoirs de juger sansappel ni recours, la seule sentence de mort ré-servée au Sénat, pour informer sur les vexa-tions, malversations et fraudes commises dansla levée des taxes. A la suite des enquêtes, oùtoute dénonciation est admise comme preuve,les paroisses sont taxées en bloc à d’énormesamendes ; puis le prince, pesant sur ces mal-heureuses populations de toute la terreur del’exécution militaire, condescend, par puredébonnaireté et amiable composition, à libérerles manants et communiers des crimes d’u-sure, monopole, assemblées illicites, transportde grains, etc., moyennant des finances calcu-lées sur le chiffre de la population, la fortune
vres et fourrages sur les mandements de YUlette, Aime, leBourg et le Val d’Isère pour la nourriture des compagnies decavalerie campées au Bourg. (Reg. XXXI, folio l ev .)