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1536-1631
qu’on n’osait brusquer. Ainsi, après le refusdu clergé bressan de payer l’imposition taxéepar le duc et le bref du Pape autorisant leprince à percevoir deux décimes, le Conseild’Etat fut obligé de déléguer le premier pré-sident de la Chambre des comptes, charge defaire auprès de ces ecclésiastiques les exhor-tations requises pour les décider à acquitterles subsides accordés par le Saint-Père sur lesrevenus de leurs bénéfices 1 2 . En 4592,1e clergédu diocèse de Genève est exempté des loge-ments militaires, des réquisitions, en vivrespour les troupes de passage' et en hommespour faire le guet, à la charge d’acquitter unetaxe d’un décime; en 1598, cette contributionn’était pas encore soldée. Le duc fait usagevis-à-vis des ecclésiastiques récalcitrants deprocédés qui ne lui sont pas habituels ; il solli-cite l’intervention du Pape, comme on le fit,en 1558, pour le clergé du diocèse de Lyon,et, en 1602, le nonce apostolique à Turin écrità tous ceux qui se plaignoient d’estre trop tiréspour le subside accordé à S. A. d’envoyer àRome la note exacte de leur revenu et le chiffrede leur cotisation s .
Les difficultés du recouvrement se compli-quaient de poursuites criminelles contre les ma-gistrats les plus haut placés. Le trésorier géné-ral Emmanuel Dyan qui fut, de 1584 à 1613,pour le duc Charles-Emmanuel un ministre des
1 Déjà en 1561, les ehanoiues et prêtres de la Bresse, dulîugey et du Valromey, invités à contribuer pour le logementdes gens de guerre lors d’un passage de troupes, répondirentqu'ils n'avoient rien à y faire et qu'ils riobe'yroient en rien àtelles requestes, (Registres consulaires de Bourg. 12 avril 1561).
2 Registre XXVII, folio 215, 157, XXVIII, folio 169.