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1536-1631
des pièces fausses ; il y avait à Gastiglione enLombardie un atelier de faux monnayeurs quiprofitaient de la multiplicité des types moné-taires, des variations du change et du peu defixité du poids pour inonder de leurs produitsles vallées des Alpes. Un arrêt du 8 juin 1590appliqua les rigueurs légales à plusieurs Tarinsqui estoient allés ait lieu- de Chastillion porterquelque peu de bonne et grosse monnaye etavoient rapporté de la menue pour le doiMeet des parpioles et quarts semblables aux cinqde Savoye. Le trouille jeté dans les transactionspar ces fraudes se compliquait d’une mesureimprudente; on décréta le cours forcé des mon-naies de bas aloi et des pièces rognées; il fallutbientôt renoncer à cet expédient qui doublaitle bénéfice des faux monnayeurs 1 .
Aussi la politique des princes se piquait peude fixité dans l’application; il s’agissait avanttout de tirer parti des ressources communessans trop indisposer les débiteurs 2 . Quand lesmoyens de rigueur étaient usés, on lâchait unpeu le frein. Le Sénat avait peine à maintenirla balance égale entre les classes que favorisait
' Registres XXVII, 91, 106 et 127 — VI, folio 39. L’unifor-mité des monnaies ne fut introduite rigoureusement dans lapratique qu’en 1717 ; le tarif de réduction dos écus, florins, solset deniers de Savoie en livres piémontaises de 20 sols ne suf-fit pas à décourager la fraude; en 1725, on trouve encore desenquêtes contre les ateliers clandestins de la Tarentaise et duVal d'Aoste.
2 Le 6 septembre 1610, vu l'incertitude de nos finances etpour l’égalité des surcharges, le duc ordonne la perception detailles ordinaires, de fournitures de blés et fourrages pour l’ar-mée, fait réviser les rôles, réduit les exemptions et supprimeles privilèges pour lesquels les villes de Chambéry , Annecy,Mnûtiers, Montmélian, avaient payé de fortes finances au tré-sor. Raccolta, VIII, 267.)