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1559-1690
par la publicité des débats criminels 1 , innova-tion d’une haute portée philosophique et dontles inconvénients sont largement compensés.L’exploitation coupable des illettrés motiva desages règlements : on procéda avec rigueurcontre les usuriers et contre les auteurs decontrats faux ou simulés ; on créa dans chaqueprovince un office de tabellion, il fut interditaux notaires de recevoir des actes intéressantdes personnes qu’ils ne connaîtraient pas per-sonnellement ou dont l’identité ne leur seraitpas affirmée par des témoins notables 2 . Quantà l’application des sciences aux arts utiles et auperfectionnement du savoir dans le peuple, onfit dans cette voie un essai fort remarquable,qu’on s’est plu, depuis, à présenter comme unsimple badinage littéraire. Je veux parler desconférences pratiques ouvertes à Annecy, parsaint François de Sales, en 1607. Les ateliersde la Sainte-Maison de Thonon, ceux des hos-pices de Chambéry, furent aussi d’excellentsmodèles et qui donnèrent le branle à l’indus-trie privée.
Rien n’est accidentel de ce qui touche au dé-veloppement moral d’un peuple, aux phéno-mènes intellectuels d’une nation. La directionénergique et salutaire que le Sénat de Cham-béry sut imprimer à l’esprit public, le contrôleintelligent qu’il exerça sur les castes qui sedisputaient l’influence, la confiance qu’il inspi-
' Le 18 mai 1600, création d’une Chambre criminelle auSénat ; on décide que les causes d’importance et celles de natureà servir d'exemple seront plaidées en audience publique (Re-gistre XXVIII, folio 134).
1 Edits des 6 mai 1586, 20 septembre 1603, 1 er mars1604, etc. — (Reg. XXVIII).
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