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Tome deuxième.
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1630-1713

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épuisaient leur patrimoine en imitant les capri-ces des gentilshommes 1 . Quelques annéesaprès cet avis, la régente Jeanne-Baptiste si-gnait un édit prohibant l’usage des dentellesou tissus d’or et d’argent; faisant défense auxhommes de porter des dentelles de Flandre,de France ou de Venise ailleurs qu’aux col-lets, manchettes et cravates; aux femmes d’enmettre à leurs jupes, robes de ruelle, manteauxplissés, mouchoirs à moucher; chaque délitétait puni d’une amende de cent écus d’or, dontle tiers au dénonciateur 2 . En 1643, les magis-trats de Genève avaient essayé aussi de mettreobstacle à l’exagération du luxe; mais la Cham-bre de réforme, ses lois somptuaires, ses péna-lités et ses remontrances n’avaient point eu unmeilleur succès que les avis du Sénat et les éditsde la régente. Trois ans après l'édit de 1676,par une contradiction singulière, on autorisait

1 Les premiers métiers établis avec privilège à Chambéryfurent ceux à tisser les bas de soie et les dentelles d’or {Sénat.Reg. XLY.) ; il s’y faisait, en 1622, un grand commerce deverres et colliers de Venise. (Patentes du prince Thomas.) Quantà la passion de la chasse, il suffît de citer le début de l’arrêtdu 23 septembre 1598 : « l’abus de la chasse est passé si avantque jusqu’au menu peuple s'en fait une profession ordinaire,sans différence ny des lieux ny des bestes, outre que plusieurs àcesle occasion laissent bien souvent la culture de leurs terreset l'exercice de leurs métairies. »

2 Don Antoine de Savoie, gouverneur de la province depuisle 25 septembre 1676 jusqu’au 25 novembre 1677, dépensapendant cette période 8,590 livres 7 sols pour sa table. (Comptejournalier des dépenses de bouche de Monseigneur arrêté parlemaître d’hôtel Rebut et l’intendant Charrost. — Arch. duSénat.) Cette somme repi’ésente environ vingt mille francs denotre monnaie, li est vrai qu’il so nourrissait de gibier lesjours gras, de lavarets et de truites les jours maigres ; et qu’ilfallait de la viande de boucherie pour îes valets. Son pain, de finefleur de froment (il fallait un setier de blé pour en faire six li-vres), revenait à 2 florins la livre-poids.