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1630-1713
cices qu’il laisse de droit aux médecins ; s’engager àfournir aux pauvres de la province des remèdes gratuits ;refuser de s’occuper de la transmutation des métaux,épreuves qui ruinent la bourse et la santé et sont indi-ynes de l'art de guérir ; travailler en public, sans mys-tère ni superfluités. La régente prescrit au Sénat d’étu-dier l’affaire ; le Sénat demande l’avis des praticiens deChambéry ; ceux-ci déclarent à l’unanimité que le projetdeM. deCopponay est absurde 1 . Le 8 juillet 1683, Coppo-nay réplique par un mémoire au Sénat, rempli de traits pi-quants : —11 est bien surpris d’estre réduit à vaincre desoppositions en une entreprise où il devoit estre recher-ché; il ne croyoitpas que pour la profession d’une sciencequi, par l’aveu des médecins mesmes mérite des gages,l’on se fist un motif de n’en pas permettre l’exerciceparce qu’il n’en demande point. 11 espéroit encore moinsque, pour n’avoir pas le nom de docteur par les formes,l’on le deut traiter en homme sans doctrine, puisque l’onne juge pas d’un philosophe par son manteau, et que l’onpeut estre docte à la galénique sans y avoir fait la céré-monie de docteur.Ce qui est encore bien sensible au sieurdeCopponay,c’estde voir qu’une simplefameletteestran-gère, à secrets pleins d’abus, est introduite partout 2 , des
1 Cet acte, daté du vendredi 18 juin 1683, dans la maison dusénateur Duclos, en présence du sénateur Morrel, est signé parles docteurs-médecins Posoz père et fils, Jarre, Audé, Ferragus,et les maîtres-apothicaires-jurés Mermoz père et fils, Ponetpère et fils, Arestan père et fils, Gabet et Bonjean. Les Sa-voyens méritèrent souvent le reproche que leur ont adresséle curé Besson et Joseph de Maistre, de dénigrer l’étranger,leur apportât-il un bienfait, et de susciter raille ennuis àquiconque, même savoisien, se permettait d’avoir plus d’espritqu’eux. (Lettres do 1808.)
2 Peut-être M me Guyon, qui avait un secret pour les écrouellesetqui guérit beaucoup de malades à Annecy et Thonon. Depuisle concile de Trente, ordonnant qu’on fermât les couvents auxlaïcs, les religieuses se soignaient l’une l’autre et avaient toutesquelque teinture de cette science ou tout au moins de la phar-maceutique. M me de Mainlenon, dans son Règlement pour lesdemoiselles de Saint-Cyr, ordonne expressément qu’elles sa-chent saigner et faire un peu de médecine.