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Tome deuxième.
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1680-1713

civique est écrit de main de maître par la tillede l’émigré, Jeanne du Laurens, veufue àM. Gleyse'. La lecture de quelques documentsde ce genre consolerait des peintures brillanteset malsaines qu’on se plait trop à affichercomme l’expression vraie du temps. Il y a desdegrés entre le dévergondage et laustérité, demême qu’on rencontre la fierté d’Alceste et lagrâce de Célimène entre les ridicules de Béliseet les trahisons de Tartuffe.

Deux femmes résument à merveille les ten-dances à la fois mystiques et dissipées de lasociété savoyenne de cette époque ; toutes deuxétrangères, elles agitèrent ce pays. M nie de Ma-zarin y avait apporté la passion du plaisir, elley prit le goût de l’étude; M me Guyon% sensi-blement mystique à son arrivée à Cfex, devintsœur de charité à Thonon. Un détail marquerace qu’était alors l’éducation des femmes dumeilleur monde, aussi habiles à panser les ma-lades qu’à raffiner l’analyse des sentiments. Sedouterait-on que la même main a écrit les deuxpassages qu’on va lire?

« Nul ne peut s’exempter d’aimer, car nul ne peutvivre sans cœur, ni le cœur sans amour. Goûtez de l’a-mour, et vous serez plus savants que les plus habilesraisonneurs. En amour, comme en toute chose, l’expé-rience instruit mieux que le raisonnement. Venez boireà cette source d’eau vive au lieu de vous amuser à cesciternes rompues de la créature qui augmentent votre

1 Une famille au seizième siècle, Mss. de la Bibl. d’Aix, pu-blié par Ch. de Ribbe. (Paris. 1866.)

2 ?tl me Jeanne-Mario Bouvières de La Mothe-Guyon, née àMontargis en 1648, veuve en 1676; morte à Blois en 1717. Ellefut persécutée pendant son séjour en Savoie (1681-1683) etobtint la protection de la régente Jeanne-Baptiste.