1630-1113
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Les grands seigneurs ne mouraient pas defaim comme le paysan ; mais leur détresserelative étaitau-delà de ce qu’on peut imaginer.
■— Tout crève icy de blé, écrivait M me de Sévi-gné de son château de Bourbillv en Bourgogne,mais pas un sou marqué; j’en ay vingt milleboisseaux à vendre; je crie famine sur un tasde blé. Les misères affreuses qui désolèrentles vallées du haut Dauphiné et de la Savoie,de 1649 à 1667, se renouvelèrent de 1670 à1692, et ne furent dépassées que par les hiversde 1709 à 1712, celui de 1771, et la famine de1816 à 1817. Les charités privées se multipliè-rent, et l’aumône, sous toutes ses formes, pansales plaies de cet incurable paupérisme, qui estla peste des temps modernes. Les grandes vuesde saint François de Sales avaient donné lebranle à l’assistance publique. En France,saint Vincent de Paul organisa la charité parles couvents, et M. de Bernières par des asso-ciations de laies et une sorte de gazette de lamisère dont, bien longtemps après, Ozanamretrouva d’inspiration le providentiel bienfait.
En Savoie, la liste serait longue de ceux quiagrandirent et dotèrent les asiles créés par lapiété du moyen-âge ou qui se préoccupèrent despauvres honteux, des orphelins, des femmesmalades : l’avocat Bastardin (1627), ClaudineMartinel (1645), le procureur Boccon (1647),Georges Barbichon (1650), Nicolas Brun etAntoine Perrin (1652), Marguerite Vettier(1658), Marguerite Romanet (1612-1663), leprieur Gillette (1664), le comte de Saconnex,l’avocat Penot, jean Ginet (1672), le sénateurVibert (1691), Hector Roux (1701), l’avocatMary Marc (1704), lé marquis d’Yenne, François