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Tome deuxième.
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508
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1559-1713

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De temps immémorial, beaucoup de Sa-voyerts sont allés chercher fortune à l’étranger.Chose singulière! c’est au dehors seulementqu’ils trouvent, pour la plupart, le completdéveloppement de leurs facultés. Il en est peuqui n’aient réussi. Le besoin de vivre et leurfierté patriotique les y sollicitent également. Ilserait intéressant de constater quelles furent,aux diverses époques, les proportions progres-sives ou décroissantes de l’émigration qui secontinue encore de nos jours; malheureuse-ment, la statistique était à naître, et les actesdu temps ne parlent que de ceux qui sont re-venus. Vers le milieu du XVII e siècle , desfamilles entières quittèrent le pays en si grandnombre, qu’un édit du 8 décembre 1645 dé-fendit à toute personne, de quelque qualité,âge ou sexe qu’elle fût, de quitter les Etats pourl’étranger sous peine de mort et de confiscationdes biens ; il donnait l’ordre à quiconque avaitquitté le pays depuis plus de deux ans de serapatrier dans les trois mois 1 . En 1678, un richemarchand de Vienne en Autriche laissait toutesa fortune à ses parents de Savoie 2 . En 1692,Michel Frisard, de Landry en Tarentaise, habi-tait à Brins, dansle marquisat de Moravie 3 , etc.

Les choses défendues donnent peut-êtremieux la physionomie d’une société que leschoses permises. Ce serait une étude curieuse

1 Arrêt de vérification du IG avril 1646.

2 SENAT. Reg. XLI.V. Lettres du Sénat de Vienne au Sénatde Chambéry pour réclamer un acte de notoriété et la loi deSavoie en matière de succession (août 1678 — réponse enoctobre).

3 Et le Sénat vérifie son testament, écrit en latin, daté du18 septembre 1674. (Reg. XLYIJI, folio 108.)