1559-1713
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Malgré les progrès incontestables de l'ins-truction publique élémentaire, malgré la loivive de ses habitants, la Savoie ne fut pasexempte de l’épidémie des sorciers. Les livresde controverse, de politique ou de philosophie,les romans et les poésies étaient sévèrementinterdits ; mais on tolérait la lecture d’alma-nachs ridicules et de manuels de sorcellerie. Lebon sens pratique des Savoyens les préservacependant des hallucinations du moyen-âge ; lemysticisme eut peu d’adeptes parmi eux, et lespratiques du sabbat n’y furent que de raresexceptions. Il est curieux, toutefois, de notercombien la société s’était familiarisée avec cesincurables sottises.
Le président Favre 1 , le sénateur Deville' 2 3 , leprésident de Bavoz ' 1 ont traité d’une manièretoute spéciale et avec une sorte de prédilectiondes questions de sorcellerie. Malheureusementils n’entrent pas dans le détail, et comme lesdossiers de procédures étaient bridés avec lescondamnés, les Archives du Sénat ne renfer-ment plus que quelques mentions éparses rela-tives aux sorciers. Les magistrats français seplaisaient aussi à exploiter la terreur des sor-ciers par la terreur des juges; Remy, le jugede Nancy (1596), assure avoir brûlé en seizeannées huit cent sorcières; le livre de Boguet,juge de Saint-Claude (1602), qui devint le code
1 Codex Fabrianus. 1072. — 11 y fait le plus grand élogedu Traité de Sorcellerie de Martin Delrio, dont il adopte lesprincipes et les conclusions.
* Estai de la justice du pays de Savoie. 1674. — Traité del'art magique. — Questions notables sur le sortilège avec deuxarrests célèbres du Sénat de Savoye. 1691.
3 Theorica criminalis.