Band 
Tome troisième.
Seite
68
JPEG-Download
 

1742-1743

— 68

du Factum de M. d’Avües, que la nécessité seuleet l’inexécution des contrats réguliers d’appro-visionnements, forcèrent les généraux espa-gnols à ces rigueurs prolongées ; le bon vouloiret les promesses durent céder aux calculs cri-minels de spéculateurs qu’on eut tort de laisserimpunis. Dès le 28 décembre 1742, les grains,vivres, fours et bois devaient être fournis parles adjudicataires, et cependant, dès mars4743,les habitants les fournirent de nouveau ; demême pour la réquisition des chevaux et muletset l’entretien des malades, charges qui retom-bèrent sur le pays, par suite de la fraude de lasociété Péricaud et Chabert. Les torts des Es-pagnols sont surtout ceux de la guerre 1 .

Pendant les six années que dura l’occupation,il sembla que les Espagnols, affamés dans leurpays, voulussent se refaire aux dépens de lamalheureuse Savoie. Lorsque Ferdinand VI 2succéda à Philippe V (G juillet 1746), il exigeale serment, écrivit au Sénat en répétant l’ex-pression de sujets et n’employa que la langueespagnole 3 au lieu de se servir de la langue

' M. l’avocat Pillet, en publiant dans les Mémoires de laSoc. savois. (X. 210) plusieurs documents inédits, et entre autresun factum de l'intendant d'Aviles contre les fournisseurs sa-voyards, a prouvé qu’à partir de 1743 ce ne fut pas la mauvaisevolonté des officiers espagnols, mais la trahison des soumis-sionnaires qui les obligea de recourir aux réquisitions forcéespour le service des vivres et celui des hôpitaux, et leur fit man-quer, par des retards successifs , la campagne de 1743. Auxrevues des 2 et 3 août, les fournisseurs présentèrent 671 muletsau lieu de 4,000, et de tout à proportion. Au lieu d’entrer enligne le 24 juin, l’armée ne put quitter ses cantonnements quele 1 er septembre.

* Fils de Louise-Gabrielle de Savoie, fille de Victor-Amédée II et première femme de Philippe Y.

3 Lettre du 13 septembre 1746. (SENAT. Reg. secret. VI. 238.)