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Tome troisième.
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1748-1749

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épaulements en terre, furent restituées le 19;Alexis délia Ghiesa entra dans Chambéry, aunom du roi, le 19; et le pays respira h

Don Philippe avait mené joyeuse vie à Cham-béry ; c’étaient chaque semaine des ballets etdes comédies où les femmes les plus distinguéesde la ville ne firent jamais difficulté de paraître.Mais la distinction du prince royal, l’élégancedu marquis de Sada et de ses jeunes colonels,la parfaite urbanité de ceux mêmes qui, par lanature de leurs fonctions, eurent le plus decontacts avec les Savoyens, le ministre de LaEnsenada et l’intendant Amorin, ne suffirentpas à effacer l’odieux des extorsions et despillages. Le paysan, à qui l’on prend son bœuf,dont on rudoie la femme, ou qu’on éreinte sousles corvées gratuites, n’a pas la mémoire courtedu bourgeois des villes, consolé aux spectaclesdont son argent fait les frais, ou du gentil-homme invité aux bals de la Cour. Les provin-ces, et surtout la vallée de l’Isère et celle deChambéry, restèrent ruinées pour dix ans' 2 . Auxpertes matérielles s’ajoutait cette honte d’avoirsubi pour la première fois, sans coup d’éclat nifière protestation,la domination de l’étranger.

1 Depuis la signature des préliminaires de paix, les Espa-gnols avaient frappé la Savoie d’une contribution extraordinairede 331,OOü livres, dont les deux tiers furent payés. A leur dé-part, l’intendance devait aux paroisses et aux particuliers unmillion trois cent mille livres pour fournitures de toutes sortes.

- Voir le procès-verbal de l’intendant Ferraris, des sénateursPeyrani et Lovera, commis en 1750 pour apurer les comptesdes communautés et liquider les dépenses faites pendant laguerre des Espagnols.